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- Romain GARY,écrivain singulier:un mystère à plusieurs visages -

Si l’on vous dit Romain GARY, à quoi pensez-vous ?
Il y a de grandes chances pour que vous citiez quelques livres de cet écrivain prolifique : La Promesse de l’aube, La Vie devant soi… Vous savez sans doute que Romain GARY fut marié à l’actrice Jean SEBERG, l’héroïne du film « A bout de souffle », de Jean-Luc GODARD
Vous savez peut-être aussi que GARY est le seul auteur à avoir reçu deux fois le Prix Goncourt : une des plus belles mystifications littéraires de tous les temps !
Quand l’homme a tiré sa révérence le 2 décembre 1980, la légende était en marche. Celle de l’écrivain résistant, aviateur, diplomate, cinéaste et grand séducteur devant l’éternel

 Cette conférence nous invite à comprendre que GARY, «  l’homme aux multiples visages », était bien plus que le personnage dont les médias ont dressé le portrait.

En reconstituant le contexte, en remontant le fil d’un parcours hors norme, nous irons à la rencontre d’un  écrivain en totale liberté, au-delà des modes, obsédé par la recherche lancinante de soi-même.

 

 Romain GARY  : un artiste dans son siècle mais aussi un magicien jouant de tous ses mystères…                                                                                                                               
Cet homme est un mystère à plusieurs visages, l’approcher au plus près, un défi. Le seul chemin pour y parvenir est bien sûr d’aller au plus intime de ses manuscrits les plus authentiques, les plus mystérieux. C’est ce que va permettre pour la première fois en France et dans le monde cette exposition exceptionnelle qui rassemble la plus importante collection d’écrits de Romain Gary. Cet événement culturel unique et inédit mobilise déjà les chercheurs et les critiques, les éditeurs et les biographes.

C’est sous le nom d’Emile Ajar (« braise » en russe) que Romain Gary va susciter le plus fameux scandale littéraire du XXe siècle. Souffrant d’être incompris par une critique dont il veut mettre les préjugés à l’épreuve, il s’invente une autre identité et rédige plusieurs romans avec une créativité renouvelée, dont Gros-câlin (1974), La Vie devant soi (1975), et L’Angoisse du Roi Salomon (1979). Gary demande à son cousin Paul Pavlowitch d’assumer ce personnage auprès des médias, mystification qui ne sera révélée qu’après sa mort, et faisant de Romain Gary le seul auteur ayant obtenu deux fois le prix Goncourt, en 1956 pour Les Racines du ciel puis en 1975 pour La Vie devant soi. Traité avec une certaine condescendance par la critique de son vivant mais lu et apprécié par un public fidèle qui fait un triomphe à ses livres, Romain Gary a vu un certain nombre d’entre eux portés au cinéma, notamment Les Racines du ciel en 1958, réalisé par John Huston avec Errol Flynn, Juliette Gréco et Orson Welles, La Vie devant soi qui donne en 1977 un de ses plus grands rôles à Simone Signoret ou Clair de femme en 1979, réalisé par Costa-Gavras avec Yves Montand et Romy Schneider.

Jaloux de son indépendance, Gary s’est tenu à l’écart des coteries littéraires et politiques. La résistance est un mot-clé pour comprendre un auteur qui présente souvent des héros en lutte contre des puissances qui les dépassent. Son œuvre porte en filigrane la marque de son combat pour la Libération, à l’origine d’une fidélité jamais démentie au Général de Gaulle. Pilote de chasse dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL), résistant, diplomate, voyageur, homme de lettres et séducteur, il est le grand mystificateur des lettres françaises. Sa revanche posthume et jubilatoire contre ceux qui sous-estimaient Romain Gary et portaient Emile Ajar aux nues est celle de Janus, le dieu des portes, ouvertes dans ses temples en temps de guerre et fermées en temps de paix. Mais s’il est une guerre que Janus-Gary-Ajar a menée, c’est celle de l’humain contre la bêtise et, par son œuvre, de la vie contre la mort. Estimant qu’il avait passé la limite au-delà de laquelle son ticket n’était plus valable, il a prouvé par son dernier geste qu’il n’était pas besoin que l’arbre demeure sur pied pour que les racines montent pour toujours au ciel.

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980 à 66 ans, lui qui avait affirmé «J’ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez ? J'ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais.»



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