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- En finir avec les scandales alimentaires -


Par le Dr Bernard Schmitt , Directeur du Centre d’Enseignement et de Recherche en Nutrition humaine (CERNH), expert auprès de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), co-président de l’association Bleu, Blanc Coeur,

Un scandale alimentaire survient quand toutes les conditions de sécurité ne sont plus réunies, à savoir :

Avoir accès à une nourriture
En quantité suffisante pour assurer une vie saine et active,
De bonne qualité nutritionnelle (qui apporte tous les éléments nécessaires à la bonne santé)
Non toxique
Respectant les habitudes alimentaires de la population
D’accès raisonnable sur le plan économique pour le consommateur
Disponible en permanence pour l’ensemble de la population (même les plus défavorisés)   

L’ensemble de ces critères (OMS / FAO) sont globalement réunis chez nous, dans la vie courante, et d’énormes progrès ont été réalisés depuis 50 ans. Mais on assiste depuis le scandale  de « la vache folle » à un regain de  problèmes parmi lesquels on peut globalement distinguer :

La faim dans le monde et l’accès à l’eau potable (liée à la pauvreté, à la corruption et à la mainmise de certains états sur les ressources de pays pauvres, source de conflits géopolitiques et d’émigration de population ; Mais aussi, à l’inverse, la « malbouffe » des pays industrialisés et des classes riches des pays pauvres, responsable de l’augmentation des problèmes catastrophiques de santé publique (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers).
Scandales alimentaires mettant en jeu la santé (voire la vie) de la population : Contamination des produits alimentaires volontaire ou accidentelle (huile espagnole, ESB, lait chinois à la mélamine, Lactalis) ; Toxi-infections bactériennes (une centaine par an) ; emballages alimentaires (Bisphénol A) ; Toxicité des intrants agricoles : pesticides (Glyphosate)
Scandales alimentaires par tromperie sur la nature de l’aliment ou sur sa provenance (Lasagnes Spanghéro).

Pour mettre fin à ces scandales, le rôle de l’état et des agences d’évaluation du risque et de contrôle et de sécurité alimentaires est essentiel (DGCCRF, Anses, DGAL, DGS, ARS).

L’évolution récente des modes de production, de commercialisation, de consommation et la crise de la vache folle ont modifié l’organisation de la sécurité des aliments. Elle s’inscrit aujourd’hui dans le cadre d’une politique sanitaire des produits alimentaires, transversale, consistant :

À assurer la protection de la santé du consommateur
En tenant compte des enjeux économique et culturel.
A intégrer le droit communautaire et la réglementation du commerce international.

Les Etats Généraux de L’Alimentation, lancés par le gouvernement le 20 juillet 2017, suivis de la discussion du projet de loi de Modernisation de l’Agriculture, avaient pour objectif de coordonner l’ensemble des acteurs et de définir les conditions d’une politique agricole et alimentaire vertueuse, assurant un revenu décent aux agriculteurs, une faible empreinte sur les équilibres écologiques, une qualité organoleptique et nutritionnelle optimale et une sécurité alimentaire rigoureuse. Les résultats ne sont finalement pas à la hauteur des espérances en matière de sécurité et de qualité nutritionnelle des aliments… Il convient de rester particulièrement vigilant et les consommateurs ont un rôle essentiel à jouer en tant que lanceurs d’alerte et  en termes d’exigence de qualité nutritionnelle.



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