Le réseau Alliance

Description
 
 

- L’histoire du réseau Alliance -

Le réseau de résistance Alliance (qui ne prendra ce nom qu’en mars 1943) est créé à Vichy dans le dernier trimestre 1940. C’est un petit noyau de Français qui, à l’instar du Général de Gaulle, décide de poursuivre la lutte par tous les moyens. trois personnalités clés sont liées à la création de ce réseau ; le Commandant Georges Loustaunau-Lacau, officier de carrière, nationaliste et anticommuniste acharné, Marie-Madeleine Méric, ancienne secrétaire générale d’un groupe de publications que dirigeait précisément Loustaunau-Lacau sous son nom de plume « Navarre », et dès janvier 1942 le Colonel Léon Faye.

Des contacts sont pris en avril 1941 avec Londres, plus particulièrement avec le Commander Kenneth Cohen, l’un des membres les plus importants de l’Intelligence Service (IS ou MI6). Compte tenu de l’urgence de la situation, les Anglais sont disposés à fournir une aide matérielle, postes radio, codes, argents, armes.

De quelques résistants en cette fin d’année 1940, ils seront 150 au printemps 1941, pour atteindre 2000 à la fin de l’année 1942 et près de 3000 en 1944.

Si le réseau recrute particulièrement auprès de la droite militaire et nationaliste, très rapidement le recrutement s’élargit à toutes les couches sociales, y compris la fonction publique en raison de leur position stratégique pour obtenir des renseignements. Près d’un quart du réseau sera composé de femmes, en particulier comme agents de liaison. Engagés avec une foi inébranlable et un dévouement total dans une lutte périlleuse contre l’envahisseur, rien, au départ, ne semble les désigner pour l’héroïsme et l’aventure.

Loustaunau-Lacau est arrêté en juillet 1941 par les services de Vichy, Marie-Madeleine Méric prend la tête du réseau. Avec l’arrivée du commandant d’aviation Léon Faye en janvier 1942, le réseau de renseignement se structure. Faye, devenu le véritable patron du réseau, insuffle sa force et son dynamisme qui en fera sa force.

En septembre 1943, le réseau obtient un statut militaire qui, de fait, l’assimile à une unité régulière de l’armée. Il fonctionne désormais comme une entreprise bien huilée, près de 70 postes radio transmettent en permanence des renseignements vers Londres.

Cette montée en puissance est le fruit d’un travail acharné, très apprécié par des Alliés. De fait, le MI6 apporte désormais un soutien massif à l’action menée. Du côté allemand, l’Abwehr (le contre-espionnage), le Sicherheitsdienst (Service de sécurité) et la Gestapo (police secrète d’Etat), se rendent compte du danger que représente pour les intérêts allemands la masse redoutable d’informations secrètes transmises aux Alliés par ce réseau particulièrement opérationnel. Dès l’occupation de la zone libre en novembre 1942, les services allemands s’étaient déjà lancés dans l’exécution d’une opération d’envergure visant à neutraliser à tout prix les activités du réseau.

La présence d’une taupe infiltrée par l’adversaire au sein du réseau provoque des arrestations massives. On attribue à ce traitre environ 250 personnes arrêtées.

Après leur arrestation à Paris ou en province, les résistants sont regroupés à Fresnes où ils sont  « questionnés ». L’AST de Dijon centralise les dossiers et les communique à l’AST de Strasbourg, chargé de la confection du dossier judiciaire. Ils sont transférés au camp de Schirmeck/Vorbrück ou dans les prisons du pays de Bade selon les places disponibles. Après de nombreux « interrogatoires », les pièces nécessaires à la comparution devant le Tribunal de
Fribourg en Brisgau sont rédigées. Tous sont considérés comme « terroristes » et non comme soldats. Les membres d’Alliance seront fichés d’emblée par l’occupant dans une catégorie spéciale, connue sous l’appellation « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard).

C’est en effet en Alsace, que quelques membres de la section III du contre-espionnage de la Gestapo de Strasbourg sévissent :

• dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, 106 membres du réseau emprisonnés au camp de Schirmeck-Vorbrück sont assassinés au camp de concentration du Struthof. Leurs corps sont incinérés dans le four crématoire du camp.
• 126 membres du réseau incarcérés dans les prisons de la rive allemande du Rhin subirent le même sort. Systématiquement, à l’approche des troupes alliées, la totalité des prisonniers du réseau encore été exterminés individuellement

D’autres agents, arrêtés par la Gestapo seront traités directement par Berlin et dispersés dans les camps de concentration ou forteresses. Léon Faye, chef du réseau qui, après sa détention à Paris puis Bruchsal dans une cellule-caveau pendant 9 mois, sera massacré avec son camarade de réseau Vernon et 817 autres détenus, le 3 janvier 1945 à Sonnenburg (Slonsk en Pologne aujourd’hui).

PORTRAIT DE L'AUTEUR

Guy Caraes : "Chercheur dans l’âme, je me suis pris de passion pour l’histoire du réseau ALLIANCE. Parties du Finistère, mes recherches s’étendent sur toute la France et au-delà. Je rencontre des centaines de familles dont je recueille les témoignages, souvent bouleversants, me plonge dans les archives privées, départementales et nationales, part en Europe parfaire ces recherches et parviens, au terme de dix années de travail, à mettre un visage sur près de 440 résistants disparus dans des conditions dramatiques."

 
Détail
Thème
Histoire
Conférencier
Guy CARAES
Prix
Gratuit pour les adhérents
Date
15/05/2025 09h30
Lieu
Cineville QUIMPER
Durée
02h30
Nombre de place
484